Seul contre tous

CatégorieCinéma

Winston Churchill est à la mode. Après le Churchill, raté, de Jonathan Teplitzky l’année dernière, voici le vieux Lion de nouveau à l’affiche d’un film relatant Les heures sombres du début véritable de la deuxième guerre mondiale.

Alors que les armées allemandes déferlent sur les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, à Londres, le premier ministre conservateur Neuville Chamberlain, chantre de la politique d’apaisement avec les nazis, se voit contraint de donner sa démission sous la pression des travaillistes. Qui pour lui succéder ? Lord Halifax, favori du Roi et de l’establishment, refuse. Ne reste alors qu’un alcoolique notoire (cinq whiskies par jour) dont la seule légitimité est d’avoir, depuis 1932, vu clair dans le jeu d’Hitler. Mais le cadeau de l’installation au 10 Downing Street n’est-il pas empoisonné, alors que l’armée anglaise est menacée d’anéantissement sur les plages de Dunkerque ?

Concentré entre le 10 mai (début de la bataille de France) et le 4 juin 1940 (le fameux discours à la Chambre des Communes qui suit l’évacuation de Dunkerque), un formidable thriller politique signé Joe Wright (Orgueil et préjugés, Reviens-moi, Le soliste), porté par un Gary Oldman en état de grâce : on oublie l’acteur pour ne plus voir qu’un homme détesté par ses pairs qui, malgré les doutes, les coups bas et les catastrophes, saura convaincre, grâce à ses talents d’orateur et d’écrivain (il fut Prix Nobel de Littérature), le peuple anglais du bien fondé d’une politique incarnée par ce leitmotiv : « Jamais nous ne nous rendrons ». Une leçon d’histoire et de courage.

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