Les télétravailleurs seront-ils les seuls à survivre à la grippe A ?
La grippe A se propage peu à peu dans le pays, le gouvernement appelle les entreprises à prendre des mesures conséquentes pour enrayer la pandémie. Parmi ces mesures, le télétravail est cité. Deux salariés nous raconte leur quotidien de télétravailleurs.
Le télétravail, peu connu en France.
Le télétravail est une forme de réalisation ou d’organisation du travail cité pour la première fois en 1950. Le concept créé aux États-Unis permet aux bureaucrates de travailler chez eux par le biais des technologies de l’information. Ainsi, l’employé gère lui-même son emploi du temps et sa charge de travail. Aujourd’hui le télétravail ne concerne que 7 % de la population active française contre 13 % en moyenne en Europe.
Et les télétravailleurs ?
Au même titre que la société Renault, une grande compagnie d’assurance française a décidé de tester le télétravail. Pour ce faire, elle a chargé une dizaine de salariés volontaires sur toute la France d’expérimenter le système, notamment en Franche-Comté. Ici la Franche-Comté a rencontré deux d’entre eux.
Il est 10 h 00 et, contrairement à de nombreux salariés, Georges et Martine sont chez eux. Ils travaillent tous deux sur ordinateur par le biais d’internet qui les relient directement avec leur entreprise. Un jour par semaine, ils retournent au sein de la société pour faire un point sur l’avancée de leur travail. Ils jonglent entre visioconférence et appels téléphoniques de leur supérieur et de leur collègue.
La principale raison les ayant poussés à tester le télétravail est l’envie de réduire leur temps de transport. Georges passait « plus de 3 h 00 dans sa voiture chaque jour ». Martine parle quant à elle d’une envie de se rapprocher de ses enfants : « j’ai vécu une période difficile lorsque l’un de mes enfants était souffrant et que je travaillais à plus de 40 km de lui. »
Ils sont d’accord pour dire que c’est un moyen agréable de travailler mais qu’il faut de la rigueur : « ce qui est difficile lorsque l’on travaille chez soi, c’est de ne pas se laisser distraire» précisait Georges. Les deux salariés pensent avoir gagné de l’indépendance et des responsabilités. Cependant ils se plaignent de la « lenteur des remontées des informations » et d’ « être obligé de se justifier en permanence, de manière formelle ou informelle» auprès de leurs supérieurs.
Aujourd’hui, ils espèrent que le test sera concluant pour que la société puisse proposer le télétravail à l’ensemble du personnel. Lors de leur interview, aucun des deux salariés n’a manifesté le sentiment d’isolement qui fait peur à certains employés tentés par ce mode de travail.
Les entreprises face à la grippe A.
Aujourd’hui avec 814 cas de grippe A pour 100 000 habitants, la Franche-Comté est la 5e région de France la plus touchée. Le gouvernement propose donc aux entreprises un plan de continuité d’activité. En effet, il y a un risque de fort taux d’absentéisme lorsque la pandémie atteindra son pic. Entre les salariés malades, ceux qui ne pourront pas venir du fait de l’arrêt des transports en commun et ceux devant garder leurs enfants, l’activité économique risque de ralentir. Dans de telles conditions, le télétravail est perçu comme idéal. Cependant, ce n’est pas une chose si facile à mettre en œuvre. Il faut du temps pour que cela aboutisse. Les sociétés françaises ne sont pas prêtes ; cela est dû, notamment, au manque de formation des chefs d’entreprises sur le télétravail comme l’explique Gérard Vallet, président de l’ADNT (Association Nationale pour le Développement du Télétravail). L’économie résistera-t-elle à la grippe A ?
Pour plus d’informations sur le télétravail : Association National pour le Développement du Télétravail & Association Française du Télétravail et des Téléactivités



