Richard III enflamme les planches du Nouveau Théâtre

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image_58013304Au moment où la pièce commence, les York viennent de triompher des Lancastre, qu’ils ont décimés : Henry VI (Lancastre), sa descendance et ses alliés ont étés sauvagement assassinés et Edouard IV (York) a été sacré roi. Mais dorénavant c’est au sein même des York que la mort fait son œuvre : afin de conquérir le pouvoir suprême, Richard fait assassiner son frère Clarence, dont le décès précipite la mort de son autre frère, le roi Édouard IV, déjà malade…

« Un Richard III machiavélique »

Dès la première tirade, on sent qu’on a en face de soi un Richard III habité. L’acteur principal, Jean Baptiste Verquin, brosse une figure de Richard III machiavélique et terrible… et ce tout au long de la pièce. La première partie nous montre un Richard III portant une grande frustration du fait de sa difformité et de sa laideur et son désir de vengeance. Il se sent exclu du règne d’Édouard son frère, dont il a pourtant puissamment contribué à la victoire. La deuxième partie — pendant laquelle Richard rencontre en Buckingham un complice, un double — est celle de l’ascension vers le pouvoir. Richard III vend son humanité au diable pour devenir Roi. La troisième et dernière partie est celle d’un homme enfermé dans la solitude. Le jeu de l’acteur est si varié qu’il colle parfaitement à la personnalité de Richard III : le portrait de l’ambition devenue folle.

Le comédien Jean Baptiste Verquin fascine par sa vitalité et son inventivité. L’acteur et l’être ne font qu’un. Il accomplit une véritable prouesse artistique qui rend le personnage de Richard III d’une crédibilité monstrueuse.

«Du vrai théâtre !»

Le choix de la scénographie est judicieux. C’est une scénographie mobile en cercle, qui ressemble à un manège géant, une scène modulable, où les espaces se font et se défont au gré de l’action. Tantôt cette scène représente une salle, tantôt une chambre à coucher, tantôt une scène de meurtre… Cette mise en scène «à plateau vide» permet aux spectateurs de se plonger dans l’action, dans les émotions des comédiens. De plus, la lumière se fait rare, cette pénombre nous plonge dans l’univers maléfique de Richard III. Scène obscure, décor néant, tout tourne autour du plaisir de l’écoute et de l’interprétation des comédiens. «Du vrai théâtre !».

Dans la seconde partie, l’humour se mêle à la tragédie. De façon à garder les spectateurs en haleine (trois heures de spectacle), deux des comédiens, Jean Baptiste Verquin et Vincent Dissez rejoignent le public pour un moment de «détente». L’humour s’installera le reste de la pièce…

La troupe est composée d’amateurs et de professionnels qui ont tous la passion du jeu. À voir absolument…

Petit bémol

Dans cette adaptation de l’œuvre de Shakespeare, treize comédiens sont intervenus pour vingt-quatre rôles. Il était parfois difficile de différencier les comédiens de leurs différents rôles.

Pour plus d’informations: culture besançon et le site officiel du Nouveau Théâtre

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Un commentaire

  1. philemon_heutte  •  23 Nov 2009 @23 h 13 min

    Je suis allé voir la dernière représentation cette adaptation de Richard III et je dois dire que j’ai été conquis. Le texte d’origine est déjà extraordinaire et magnifiquement cousu, et en plus la mise en scène et en espace de la troupe est originale et ingénieuse. Le décor offre une multitude de possibilités, et en plus, tout au long de l’intrigue, il dévoile de plus en plus de combinaisons.
    Malgré les performances insatisfaisantes de quelques acteurs, les principaux sont très expérimentés. Et bien que plusieurs exercent les mêmes rôles, les costumes sont conçus exprès pour éviter la confusion.
    J’ai passé un agréable moment à ce spectacle, qui est un vrai régal même s’il dure 3 heures